Carrière – matière, sol, espace
Saint-Vigor-le-Grand, Mars – Août 2020

















Feu, four, foyer





















La carrière de sable constitue le point de départ de cette recherche.
Sur ce site, j’ai commencé par fabriquer des fours en argile à partir des matériaux accessibles sur place ; progressivement, entre les conditions d’ensoleillement du lieu et d’autres pistes explorées en parallèle, cette pratique s’est orientée vers l’idée d’un four solaire.
Le four est né d’un temps passé dans cet environnement marqué par la présence de sols ouverts, de matières brutes et d’une exposition directe aux variations de lumière et de chaleur.
Le terrain est progressivement devenu un espace d’observation où certaines relations entre matériaux, énergie solaire et environnement se rendaient perceptibles.
La construction du four solaire s’inscrit dans cette situation. D’abord envisagé comme un objet simple, il s’est transformé au fil des essais en un dispositif permettant d’observer comment la lumière, la chaleur et différents matériaux interagissent dans un espace donné.
Cette expérience n’a pas été pensée comme un protocole précis, mais plutôt comme une exploration empirique du terrain.
Elle a progressivement déplacé la recherche vers une attention plus soutenue aux échanges entre matière, sol, énergie et conditions environnementales.
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Schéma du fonctionnement d’un four solaire.

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Étape de construction sur une première version du four: May-sur-Orne, 2021

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Le four solaire – cuiseur type boîte – est un réceptacle isolée thermiquement, composé d’une face avant vitrée et des parois intérieures réfléchissantes : Le principe consiste à concentrer les rayons solaires en un point – les réflecteurs guident et permettent la convergence du rayonnement.
À travers la vitre la lumière est réfléchie sur les parois internes de la boîte – l’énergie de ces rayons est alors transformée en chaleur créant une concentration thermique au sein de la boîte. Pour augmenter le flux solaire capté, les réflecteurs, fixées de part et d’autre de la boîte réfléchissent la lumière sur la vitre qui doit être la plus perpendiculaire possible aux rayons du soleil.
Les éléments en interaction dans cet objet mettent en relation des matériaux spécifiques, interagissant dans un jeu précis d’orientation et d’inclinaison.
Le four solaire démontre de manière exemplaire l’application des principes de transfert et d’accumulation d’énergie.
Il agit comme un dispositif de conversion et de transformation.
En utilisant des matériaux et des conceptions spécifiques, il est possible de manipuler de manière ingénieuse l’énergie « naturelle » à des fins variées. Dans un but à la fois utilitaire et esthétique, l’exploration de ces formes dynamiques stimule mes réflexions et m’oriente vers une approche alternative des technologies bio-inspirées. Intégrant des questionnements autour des concepts de biomimétisme tout en explorant des technologies archaïques dans un mode de détournement et de déclinaison.

Parcourt des fours solaires dans les Pyrénées-Orientales: Mont Louis, Thémis, Odeillo



Après avoir entrepris un certain nombre de recherche sur le sujet j’ai élargie mon expérience au sein d’un voyage dans les Pyrénées-Orientales, où j’ai eu l’occasion d’observer des architectures monumentales telles que Odeillo, Mont Louis et Thémis, toutes dérivées de la même idée fondamentale du four solaire.
À partir de mon modèle réduit du four, après avoir expérimenté la cuisson, la fonction initiale de cet objet a par hasard déclenché l’émergence d’une nouvelle forme de travail, où le système de conversion a permis de créer de nouvelles manifestations.
Il a progressivement évolué pour devenir un instrument générateur d’images par le biais de la lumière.
« Le four » apparaît dans mon travail sous cette appellation comme une allégorie, une métaphore de ces phénomènes d’échange, d’absorption et de transfert à travers des matériaux récepteurs.
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LE FOUR
Un aperçu des projets dans lesquels le four est activé:

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